La question que ce texte pose, et qu’il cherche à résoudre, il l’inscrit à hauteur de littérature, ou plutôt ce texte met la littérature à cette hauteur qu’elle seule serait capable d’y répondre. Cette question : comment faire faire au monde d’autres actions que celles qu’il fait ?
Ou encore : comment rendre possible d’autres quotidiens à faire par l’espèce?
Confronter la littérature, la langue alors, à ce type de problème, c’est l’ouvrir au possible, à comment se déclenchent des idées, et à comment se résolvent des problèmes par la logique ; et qu’est-ce que cela fait à l’écriture. C’est une pensée de l’action, de la volonté, matérialiste, qui cherche à modifier les actions, à contraindre par la pensée l’action. Pour cela il faut nuire aux représentations dominantes, avec la langue, la langue qui est compromise dans ces représentations auxquelles il faut nuire, la langue va être un enjeu alors. L’expérience est totale parce que tout s’implique, qu’il n’y a pas d’enjeux autonomes, que la langue est politique parce qu’elle est engagée dans le fonctionnement du monde, il ne peut pas y avoir de langue détachée, de langue retirée du monde. Et puisque la langue est un enjeu, ce dernier ne peut être porté que par la littérature. Une fiction théorique parce que s’y croise une nouvelle théorie de l’action, un essai sur Pierre Guyotat, une potentielle rencontre avec les extraterrestres, une méthode pour prendre le pouvoir et anéantir le capitalisme. Une fiction théorique, encore, parce que ce texte appartient à la littérature, qu’elle seule est capable de coller tout cela ensemble, avec la langue.
L’Exp Tot sert à créer de l’action inédite.
L’Exp Tot est une stratégie.